Lundi 21 juillet à 19h05 : sortie ciné avec « Le Rire et le Couteau » au Katorza
Lundi prochain, nous vous donnons rendez-vous au Katorza pour Le Rire et le Couteau. Ce film fleuve, acclamé lors de la dernière édition du Festival de Cannes, raconte la quête identitaire d’un homme en constante friction entre ses idées, ses attirances et ses contradictions.
Un film éblouissant qui questionne le passé et le présent.
Rendez-vous devant le Katorza à 19h05, séance à 19h30
La séance sera au prix de 4€ (2€ solidaire)


Le Rire et le Couteau (2025)
Par Pedro Pinho (Portugal – France)
Avec Sérgio Coragem, Cleo Diára, Jonathan Guilherme
Durée : 3h31 / VOSTF
Sergio voyage dans une métropole d’Afrique de l’Ouest pour travailler comme ingénieur environnemental sur la construction d’une route entre le désert et la forêt. Il se lie à deux habitants de la ville, Diara et Gui, dans une relation intime mais déséquilibrée. Il apprend bientôt qu’un ingénieur italien, affecté à la même mission que lui quelques mois auparavant, a mystérieusement disparu.
Ce qu’en a dit la presse :
« Rarement film a su si bien allier la littéralité la plus dépliée à une ambiguïté de tous les instants. Le Rire et le couteau, ce qui se dit et ce qui se vit. »
Laura Tuillier, Libération
La séance :
Lundi 21 juillet 2025
Rendez vous à 19h05 , dernière limite de votre paiement à 19h20
Contact pour la séance : Alain au 06 58 76 69 05
Le Katorza, 3 rue Corneille, 44000 Nantes
Tram : lignes 1,2,3 arrêt Commerce, Médiathèque (T1)
Bus : ligne 11 arrêt Graslin / ligne 54 arrêt St Nicolas


3 commentaires
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Anne
Film grave. Sur la présence des Blancs en Afrique, la écrivaine franco-camerounaise Léonora Miano présente un point de vue semblable à celui que l’on entend dans le film. L’Europe pille les ressources de l’Afrique, puis envoie des ONG et des humanitaires pour faire lui venir en aide. Le pillage et le sauvetage sont un seul et même processus, généralement à l’insu des coopérants et des bénévoles.
Alain A.
Ce film, totalement immersif, brasse ses spectateurs en deux temps et deux rythmes. Syncopé dans la première partie liée à la modernité de la Ville. La musique y fait pour beaucoup et la caméra est labile. La deuxième partie est en rupture de cette syncope, dans un rythme paisible, lié à l’Afrique profonde, des campagnes reculées et inaccessibles. Tel est l’enjeu du récit sur lequel le film garde une fin ouverte, de rendre cette paix, cette profondeur, cette humanité ressourçante, accessible ou pas.
Entre les deux parties, ce moment charnière : l’allégorie de l’exploitation en plein désert, par des occidentaux brutaux ; vision sans concession, et moment de bascule, le héros, déserte un « Occident » qui vampirise ses anciennes colonies. Simultanément, c’est l’intention et le projet du film depuis son départ, la bascule est aussi celle du contrat amical ou relationnel qui va jusqu’à faire bouger les lignes de l’hétérosexualité dans ce qu’elle a de normatif et de domination. C’est là où le film est fort, à considérer que toute relation et tout désir, sont politiques, à nous le faire expérimenter, nous le faire vivre. Une provocation qui bouscule le spectateur, nous met mal à l’aise.
C’est d’une profondeur incroyable, d’avoir choisi en Sergio un personnage de jeune blanc de bonne volonté, avec beaucoup d’ouverture, gay-friendly, avec des « valeurs » ; et de lui faire bouger ses lignes. La scène très crue du rapport sexuel à trois, incarne cette bascule de l’amitié et du désir, car il ne suffit pas d’être » friendly », elle est initiée depuis le départ du film par le personnage tout aussi extraordinaire de la belle Diara, sur lequel il y aurait beaucoup à dire. La vraie ouverture c’est l’ouverture dans l’ouverture ; la vraie rupture, c’est la rupture dasn la rupture c’est à dire avec les positions de principe de la rupture, pour rentrer au sens premier dans l’incarnation. Le film entraine ses spectateurs dans la chair du monde et des relations, la vie. Je vois une autre preuve de la puissance d’incarnation du film dans le fait que le nom de fiction des personnages principaux reprenne le noms réel de ses acteurs.
Résonances :
Ce motif du retour vers les campagnes, vers l’origine profonde, ici celle des africains, celle de l’humanité ( humain et Humain) on le retouve dans un nombre considérable de films. Par ensemble celui que nous avons projeté: « Los Reyes del mundo » où on retrouve ce parcours initiatique, cette fois sous forme de quête en Colombie en traversant au départ la communauté « lgbt » de Medellin, communauté de ressource comme dans le »Le rire et le couteau ».
En me remettant dans la mémoire du film, dans cette trajectoire, résonne aussi pour moi un autre film : « Apocalypse Now » que Coppola a voulu immersif, le personnage de Kurtz du roman de Joeph Conrad, joué par Brando, basculant au coeur de la fôret vietnamienne, dans un tout autre genre.
dernière résonance cette fois théorique : le cours de Gilles Deleuze de Novembre 1984 ( 2ème partie à partir de la 14ème minute) : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/deleuze-retrouve-16-lecons-de-philosophie/8-les-transformations-du-cinema-8214283 Selon lui le nouveau régime de cinéma ce n’est plus de rompre avec le monde, de faire illusion, de croire à un autre monde ou même de le transformer mais de trouver une foi, des raisons de restaurer la relation avec le monde tel qu’il est. La leçon s’achève ainsi : « Donnez-moi un corps ou donnez-moi des raisons de croire au monde c’est pareil ».