Lundi 28 juillet à 20h15 : sortie ciné avec « La Trilogie d’Oslo / Amour » au Katorza
L’été sera beau, l’été sera chaud… de sorties ciné ! Après le chef d’œuvre Le Rire et le Couteau visionné lundi dernier, nous vous proposons d’aller voir Amour du réalisateur norvégien Dag Johan Haugerud. Faisant partie intégrante de La Trilogie d’Oslo (dont le dernier volet, Rêves, est reparti avec l’Ours d’or de Berlin), chaque segment peut se regarder indépendamment.
L’objet de ce triptyque est notamment de questionner la famille nucléaire comme structure sociale dominante et d’explorer d’autres manières de vivre et d’aimer.
Si vous êtes curieux.se, le troisième film de la trilogie, Désir, est actuellement à l’affiche au Katorza pendant une semaine !
Rendez-vous devant le Katorza à 20h15, séance à 20h45
La séance sera au prix de 4€ (2€ solidaire)

Nous vous invitons à faire vivre l’espace commentaires du site de La Sagesse ! Rendez-vous tout en bas de chaque article afin de prolonger le débat sur les films visionnés, comme par exemple sur le somptueux Le Rire et le Couteau.

La Trilogie d’Oslo / Amour (2025)
Par Dag Johan Haugerud (Norvège)
Avec Andrea Bræin Hovig, Tayo Cittadella Jacobsen, Marte Engebrigtsen
Durée : 1h59 / VOSTF
Sur un ferry qui les ramène à Oslo, Marianne, médecin, retrouve Tor, infirmier dans l’hôpital où elle exerce. Il lui raconte qu’il passe souvent ses nuits à bord, à la recherche d’aventures sans lendemain avec des hommes croisés sur des sites de rencontre. Ces propos résonnent en Marianne, qui revient d’un blind date organisé par sa meilleure amie et s’interroge sur le sens d’une vie amoureuse sans engagement. Mais ce soir-là, Tor succombe au charme de Bjorn, qui lui résiste et lui échappe…
Ce qu’en a dit la presse :
« Bercée par une partition de jazz atmosphérique, nimbée d’une lumière de fin du jour, la capitale norvégienne devient, le temps du film, une utopie où tout devient possible, sorte de Brigadoon boréal. Embarquons avant que la ville ne disparaisse dans les brumes. »
Jérémie Couston,Télérama
La séance :
Lundi 28 juillet 2025
Rendez vous à 20h15 , dernière limite de votre paiement à 20h30
Contact pour la séance : Alain au 06 58 76 69 05
Le Katorza, 3 rue Corneille, 44000 Nantes
Tram : lignes 1,2,3 arrêt Commerce, Médiathèque (T1)
Bus : ligne 11 arrêt Graslin / ligne 54 arrêt St Nicolas

Un commentaire
Alain A.
A la sortie du film, qui nous a enchanté, nous étions 9 femmes et 2 hommes. Nous nous sommes demandés ce qu’était le « care ». Puisque effectivement le métier des deux personnages principaux se situe à L’hôpital ; et que d’autre part dans leur relation se joue une extrême attention à l’autre, au partenaire en amour et sexuel. Sous un mode ironique et amusé, d’emblée le corps des personnages y a une place comme le corps de la ville. On pourrait à cet égard faire une mise en écho avec « Le rire et le couteau », film précédent où il est question aussi d’incarnation, dans un autre rythme.
Le corps ici est d’abord celui de la parole ; tout d’abord celui de la logorrhée, avec un glissé intéressant du personnage féminin secondaire qui fait visiter la ville pour la faire valoir, la vanter, selon un discours branché minorité et affirmation des particularités sexuelles vers Marianne, personnage principal ; amie de cette animatrice urbaine, qui va se détacher de ce discours alternatif et normatif jusqu’à la caricature, autrement dit sortir de sa moralisation convenue. Pour rentrer à la suite de Tor, l’infirmier de son équipe de travail dans le corps de la relation humaine, et celle de la Ville appuyé par de beaux panoramas, le beuglement du Ferry et la musique expressive, qui marquent la mise en scène. Ce que je trouve intéressant outre l’épaisseur relationnelle et existentielle qui se creuse au fur et à mesure que l’on suit les péripéties des deux personnages, c’est la place qu’occupe en dialogue leur partenaires. Comme dans Rohmer le dialogue est à parité d’importance. Dans ce dispositif particulier où les deux personnages principaux Marianne et Tor sont en position d’entendre leurs partenaires de jeu relationnel, de les accueillir. Et nous accueillons de ceux-ci, leurs paroles, leurs êtres. Que l’on pourrait juger dérisoire sauf que leur misère y est transformée, sortant de l’aspect sordide et brutal de la séquence l’annonce de l’ablation de la prostate contre lequel Tor s’insurge comme un cri du cœur. Ce serait ça l’amour, cette nécessité première, d’aller où il faut contre les habitudes ; par exemple sur un Ferry dans des incessants aller-retours, pour être là où le désir n’est pas entre parenthèse. Mais au contraire pris en compte dans son rythme propre, avec ou sans érection, avec les incertitudes et les aspirations de la vie.
Le Care c’est le soin donné à l’autre dans un sens médical mais aussi l’écoute, l’attention – et l’accueil de la parole dont le film se fait une spécialité. On le voit au départ dans le jeu professionnel des deux personnages, où l’infirmier fait remarquer au médecin, qu’elle n’a pas su écouter un patient qui n’a rien compris à ses consignes. Toute la trajectoire de Marianne par la suite dans ses relations avec les hommes sera de les écouter, de recevoir leurs paroles, leurs choix, leurs postures, leurs sentiments et leurs angoisses, sans jugement, Alors que le spectateur peut en être exaspéré. Le film construit un miracle de naturalité dans les angoisses et aspirations humaines. Le même naturel avec lequel Agrado, transsexuel de « Tout sur ma mère » d’Aldomovar, explique dans un show improvisé comment il s’était reconstruit son corps en adéquation à sa nature profonde. Emportant l’enthousiasme de ses spectateurs.
Si on regarde comment se répartit la question des genres, il ne me semble pas anecdotique que l’amorce dramatique du film, au travers du thème de l’ablation de la prostate porte sur la masculinité et l’être même des hommes. C’est très poignant. La vie et l’être y sont en jeu. Tor qui s’en émeut, est un personnage d’une pièce, sans variations essentielles d’un bout à l’autre du film, plaçant le soin au cœur du désir; Le personnage, très intéressant de Marianne en revanche porte les aléas et les incertitudes du désir. Au final dans la répartition homme-femme, malgré les errements partagés des désirs féminins, et le beau personnage de Tor, il me semble que le masculin est d’abord ce qu’il s’agit de soigner.